Le Cambodge rejette les accusations selon lesquelles des sites du patrimoine culturel auraient été utilisés à des fins militaires
AKP Phnom Penh, le 15 septembre 2026 --
Le ministère de la Culture et des Beaux-Arts a fermement rejeté les accusations formulées par les autorités thaïlandaises selon lesquelles le Cambodge aurait utilisé d’anciens temples à des fins militaires, qualifiant ces allégations de tentatives infondées visant à déformer les informations et à détourner la responsabilité des dommages causés au patrimoine culturel.
Dans une déclaration publiée le 15 septembre, le ministère a indiqué que le Cambodge, en tant qu’État partie à la Convention de La Haye de 1954 et à ses deux Protocoles, ainsi qu’à la Convention de l’UNESCO de 1972, demeurait fermement attaché à la protection et à la préservation de son patrimoine culturel. Il a souligné qu’aucun site du patrimoine culturel cambodgien n’avait jamais été utilisé comme base militaire.
Le ministère a déclaré qu’en revanche, ce qu’il a qualifié d’agression militaire thaïlandaise avait causé des dommages à plusieurs sites du patrimoine culturel cambodgien, notamment le Temple de Preah Vihear, les Temples de Ta Moan Thom, Ta Krabey et K’nar, ainsi que Spean Toap et d’autres sites archéologiques.
Il a en outre affirmé que les Temples de Ta Moan Thom, Ta Krabey et K’nar demeuraient sous occupation thaïlandaise illégale et accusé la Thaïlande d’y mener, sans l’autorisation du Cambodge, des activités liées aux infrastructures, à l’électricité, au tourisme, à la religion et à la restauration. Le Cambodge a aussi appelé à la restitution des objets archéologiques qu’il affirme avoir été retirés du Temple de K’nar et transférés en Thaïlande.
Concernant le Temple de Preah Vihear, le ministère a indiqué que les attaques de l’armée thaïlandaise en juillet et décembre 2025 avaient causé d’importants dommages en 562 endroits, réduisant les pierres du temple à plus de 70 000 fragments et endommageant les résultats de plus d’une décennie d’efforts de restauration et de conservation.
Les attaques avaient également endommagé des infrastructures publiques et contraint plus de 16 000 personnes à évacuer la zone du patrimoine, certaines d’entre elles ne pouvant toujours pas regagner leur domicile en raison de préoccupations liées à la sécurité et à la sûreté, a-t-il ajouté. D’après le ministère, les dommages ont été documentés et confirmés par des experts culturels nationaux et internationaux.
Le Temple de Preah Vihear, bien du patrimoine mondial de l’UNESCO, est, a souligné le ministère, un site culturel et religieux sacré où les autorités cambodgiennes et leurs partenaires internationaux mènent des activités de conservation, de recherche archéologique, d’éducation, de culte religieux et de tourisme.
Il a noté que des visiteurs thaïlandais s’étaient aussi rendus au temple et avaient pu constater son caractère de site du patrimoine culturel et religieux, et non de site militaire.
Le ministère a appelé la Thaïlande à retirer ses forces des sites du patrimoine culturel cambodgien, en particulier des Temples de Ta Moan Thom, Ta Krabey et K’nar, et à restituer immédiatement les objets archéologiques qui auraient été retirés de K’nar.
Il a en outre appelé la Thaïlande à respecter le droit international ainsi que les traités et conventions pertinents, et à mettre fin à ce que le Cambodge qualifie de tentatives visant à consolider son occupation du territoire cambodgien. Le Cambodge a exhorté les parties à régler les questions en suspens de manière pacifique, par le biais des mécanismes bilatéraux existants, notamment la Commission mixte de délimitation des frontières (JBC).
Le ministère a réaffirmé que les sites du patrimoine culturel cambodgien ne sont pas des bases militaires et ne doivent jamais être utilisés à des fins militaires. Il a indiqué que le Cambodge continuerait d’accorder la priorité à leur conservation et à leur préservation pour les générations futures et en tant que patrimoine commun de l’humanité, tout en condamnant les bombardements ou autres actes qui endommagent ou détruisent le patrimoine culturel, considérés comme des violations du droit international.



Par C. Nika





